A' la recherche de...
7 résultats trouvés avec une recherche vide
- Vertige
L'Homme qui dort - Encre et aquarelle sur papier. Février 2026. Alexis Lekat © Le roman s’ouvre sur un vertige. En pleine nuit dans son lit, un homme est pris dans un invincible tourbillon. Les murs de sa chambre bougent, les époques de sa vie, en images incandescentes, tournoient. Avec fulgurance, il voyage, de l’une à l’autre, dans des nuits qu’il a traversées dans d’autres pièces et en d’autres circonstances, au long de son passé. Tout est là, autour de lui, aussi réel qu’impalpable : l’intensité de ses angoisses enfantines, la force de ses passions juvéniles, la campagne ambivalente, la mer mouvante, ses abandons et sa résignation. Et une fois éveillé, il fait revenir avec douceur une nuit en particulier, à sa mémoire : celle de vacances d’été à la campagne, alors qu’il était petit enfant. Elle relate son premier souvenir marquant avec M. Swann et elle constitue notre première rencontre avec lui. Pour moi, cette ouverture est à couper le souffle. Je ne comprends pas que les éditeurs sz lépoque soient passé à côté. Elle est tout simplement magistrale : par sa mise en image, par son mouvement et enfin, par son aspect quasi fantastique, que seul un film aux effets spéciaux très sophistiqués saurait éventuellement restituer. Mais il y a bien plus encore, pour qui relit l'oeuvre ; j'en suis parcouru de frissons et j'en ai des larmes aux yeux. Dans ce un passage qui inaugure l'oeuvre, se trouve déjà condensé ce qu’une vie peut faire traverser, et qu’une partie de la vôtre vous permettra de lire. Dans mon expo physique, il y aura très certainement un espace qui sera dédié à La Chambre.
- Mode
étude à l'encre de Chine sur papier A4
- Vêtements
Je cherche toujours à résoudre la même problématique : trouver le bon procédé pour être à la fois fidèle à l'époque, mais en la dépassant. L'idée est de la montrer fantasmée, entre ce qu'elle a été, et l'idée rêvée qu'on s'en fait. Le tout est de trouver le bon curseur... Cela passe évidemment par les vêtements : les évoquer en les détournant. Quelle est la bonne formule ? Je ne sais pas encore. Probablement éxagérer les formes et peut-être user de couleurs criardes ? Il faudra aussi, sûrement, que je puisse me détacher de certains codes d'alors, emprunts de rigidité puritaine... Bref, je cherche mon langage et je n'en suis qu'aux débuts !
- Neo Swann
travail digital en cours Les personnages de La Recherche sont fascinants : ils ont beau appartenir à un autre siècle, ils sont hors du temps. Pourtant, si on doit les représenter, on n'a pas le choix : on est obligé de les placer entre la Belle Époque et le début des Années Folles. Alors, comment respecter leur origine historique, tout en les rapprochant de nous ? C'est ce que j'essaie de résoudre en gardant les poses et les habits des personnalités qui les ont inspirés à Marcel Proust, tout en leur donnant des visages inspirés de célébrités actuelles. Pour atteindre ce but, pas question de passer par l'IA ! Je continue à travailler par retouche digitale manuelle. Est-ce que je suis entièrement satisfait du résultat ? Je ne sais pas encore. Le process est en cours...
- Musique : "Where are we now"
de David Bowie. Je pose ça là...
- Invendable
En 2022, en panne d’idée de nouvelle fiction audiovisuelle à proposer à des producteurs, je me suis dit : “ - Lâche-toi : écris le projet que tu ne vendras jamais ! ” Bien sûr, j’ai pensé à une série inspirée de “La Recherche” de Proust. L’enquête se déroule sur des lieux emblêmatiques de la Recherche, dont le Grand Hotel de Cabourg. L’enjeu était de rendre “La Recherche” proche des téléspectateurs. L’idée ? Transposer l'œuvre dans une vie commune d’aujourd’hui. C’est ainsi que j’ai fini par élaborer cette log line : Alors que Valentin, scénariste de 55 ans, peine à adapter A’ la recherche du temps perdu de M. Proust en série télévisée, dans sa vie privée, la disparition d’Elsa (40), sa compagne, l’oblige à se replonger dans son passé. C’était évidemment une mise en abîme d’une des grandes trajectoires de La Recherche, construite sur la passion et la jalousie, l’absence et le deuil. Portrait à l’encre de Charles Haas, ayant inspiré le personnage de C. Swann d'après une photo de Nadar. Mais comment embarquer des téléspectateurs sans référence ? Au cours de son enquête, Valentin est amené à fréquenter divers lieux dont un élégant piano-bar. J’ai imaginé une mini-série qui allierait prise de vue et animation : prise de vue pour l’enquête de Valentin cherchant à résoudre l’énigme de la disparition, et animation et voix off, pour des passages du roman, lui faisant écho. Chaque épisode, comme une pièce de puzzle, se bouclait autour d’une révélation faite par une connaissance commune du protagoniste et de sa compagne. Il s’ouvrait et se fermait à chaque fois par un extrait de l’oeuvre, mis en miroir. Par ce va-et-vient régulier entre l’enquête et le récit proustien, on suivait l’une tout en appréhendant l’universalité de l’autre. Lucille, une amie de Valentin, retrouvée dans un vieux pub, fait écho à la Duchesse de Guermantes (ci-dessous) À ma grande surprise, ce projet a suscité de l’intérêt. Mais son caractère hybride (prise de vue et animation) déroutait. Et puis il y avait des doutes sur l’articulation de l’histoire du protagoniste et celle du roman. Ni mon pilote, ni mes illustrations, ni mes frises chronologiques n’ont réussi à lever les freins. Arnaud, ami de Valentin, fait écho au Baron de Charlus, ci-dessous. Mais le pire était ailleurs : le genre faisait “chronique” - le pire épouvantail de la fiction audiovisuelle française ! Invendable. Je pensais pourtant tenir quelque chose...
- Charles Swann : la première rencontre
Pouvez-vous imaginer que ce voisin de campagne à l’élégance simple, qui rend visite à votre famille, muni d’une simple corbeille à fruits en guise de présent, est un habitué des plus brillants salons parisiens ? Non. D’abord, parce que vous êtes un enfant, et que du haut vos quatre ans, ces questions ne vous touchent pas. Qu’à cet âge, la seule chose qui vous désespère, c’est qu’à chaque fois qu’il vient chez vous, lors de ces soirs d’été, vous savez déjà que votre mère ne vous couchera pas, et que votre père vous fera une scène terrible, parce que vous n’aurez pas réussi à dormir. Et puis, si vous étiez adulte, assis dans le jardin à ses côtés, vous ne le sauriez pas non plus. Vous ne le sauriez pas, tout simplement parce qu’il n’en parle pas. Qu’ il n’en fait pas étalage. Qu’Il ne s’en vante pas : il est juste venu en ami de la famille. Et si on vous l’affirmait, peut-être même que vous n’y croiriez pas : parce qu’il se comporte trop simplement ! Et pourtant… S’il peut vous rendre service en intercédant auprès de telle ou telle personnalité haut placée de son carnet d’adresse, (et Dieu sait qu’il est bien fourni !) il vous aidera volontiers, sans rien attendre en retour, d’ailleurs. Voilà votre première rencontre avec l’élégant Charles Swann : elle remonte à votre petite enfance et elle vous a laissé un souvenir stressant. Plus tard, vous apprendrez que ce grand séducteur à l’esprit raffiné, etait tombé atrocement amoureux d’une femme vulgaire et, disons-le, un peu bête. Vous-même, vous tomberez amoureux, entre autres, de sa fille. Puis d’une autre. C’est lui encore, qui, avec bienveillance, vous ouvrira par la suite, les portes d’un monde qui vous faisait rêver - peut-être à tort. Enfin, des années plus tard, alors que vous traverserez votre plus grand amour, vous lui trouverez des ressemblances cruelles avec celui qu’il aura lui-même éprouvé dans sa jeunesse… De tout cela, il sera question plus tard.






