Vertige
- Alexandre Lati
- 19 févr.
- 1 min de lecture
Dernière mise à jour : 26 févr.
Le roman s’ouvre sur un vertige.
En pleine nuit dans son lit, un homme est pris dans un invincible tourbillon. Les murs de sa chambre bougent, les époques de sa vie, en images incandescentes, tournoient. Avec fulgurance, il voyage, d'une nuit à l'autre, celles qu’il a traversées, dans d'autres lieux et en d’autres circonstances, au cours de son passé. Tout est là, autour de lui, aussi réel qu’impalpable : l’intensité de ses angoisses enfantines, la force de ses passions juvéniles, l'ambivalence de la campagne, l'instabilité de la mer, la fatigue de ses résignations et la volupté de l'abandon.

Et une fois éveillé, il fait revenir avec douceur une nuit particulière, à sa mémoire : celle d'un séjour de vacances d’été à la campagne, alors qu’il était petit enfant. Elle relate son premier souvenir marquant avec M. Swann, et pour nous, c'est notre première rencontre avec lui.
Cette ouverture coupe le souffle. Elle est magistrale : par ses images mises en mouvement, d'un genre fantastique, que seul un film aux effets spéciaux très sophistiqués saurait éventuellement restituer.
Mais il y a bien plus encore, pour qui relit l'oeuvre ; j'en suis plein de frissons et et les yeux humides. Dans ce un passage inaugural, se trouve déjà condensé ce qu’une vie nous fait traverser, et qu’une partie de la nôtre nous permettra de lire.
Bien sûr, dans mon expo physique, il y aura évidemment un espace dédié à La Chambre.

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